Intention sexuelle le sexe serre

24-05-2018

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Le gars de la rue conçoit ses passades en termes de prestige personnel autant que de satisfaction physique. Un jour je suis allé au bal, hors de Cornerville avec deux gars de la rue et trois jeunes filles. Il était tard lorsque nous sommes rentrés. Si les filles rentraient chez elles toutes seules, les gens jaseraient! Tiens, prenons Market Street, qui débouche dans Norton Street: Mais elles coucheront jamais avec un type de Cornerville.

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États-Unis , Italie , bande , rapports sociaux de sexe , catégorie sexuelle. United States , Italy , gang , gender relations , sexual category. Texte intégral PDF Signaler ce document.

Navigation Index Auteurs Mots-clés. Actualités Analyses et comptes-rendus Appels à contribution. Ils lui font escorte. Or le toucher a des propriétés remarquables. Dans l'architecture du monde par les sens, il nous fournit la distinction la plus simple et la plus irréfutable du sujet et de l'objet [1]. Dès qu'il s'éveille, il applique une surface contre une autre, il s'oppose; et sauf peut-être dans le cas des fluides, eau ou air, le sujet tactile ne saurait se couler dans les choses.

Mais cette distinction ne met pas à distance, car elle porte l'objet et le sujet à la rencontre l'un de l'autre. Présent à son organe, l'épiderme, le tact attire en quelque sorte celui qui l'éprouve jusqu'au bord de lui-même, et du plus profond, parce que d'habitude il s'accompagne d'efforts.

En même temps, il s'accroche l'objet, se le fixe, à quoi échouent le goût et l'odorat, trop fluents. Ainsi est-il par excellence le sens de l'immédiat, lequel suppose un minimum de médiations - de discriminations, de constructions - pour être ferme, et donc perceptiblement immédiat.

Cette proximité est même telle que le touchant et le touché solide s'isolent du monde. Bien que glissant parfois sur des surfaces, la palpation vise à étreindre son objet et à se refermer avec lui en un système clos. Et puisque les sensations de poids qui la suivent atteignent comme un tout ce qu'elles pèsent, elles renforcent cette fermeture.

Du reste, le toucher contracte la durée en même temps que l'espace. Il existe au présent. Nulle part la liberté n'est aussi prompte, mais ne renonce tant aux horizons.

Ainsi se dessinent déjà certains traits du coït humain. Privilégiant le tact, et le tact des solides, il ne confond pas ses partenaires.

Il peut faire participer deux êtres aussi étroitement que possible, il n'abolit pas leur distinction: Mais en même temps il obtient l'immédiat ferme, l'espace conclu, le présent saturé. Cependant tout cela se retrouve dans le toucher le plus pratique, celui qui explore, construit, transforme le monde de proche en proche. Lorsqu'il se sexualise, le tact s'oriente de manière à n'être plus analytique, ni édificateur, ni transformateur, mais à la poursuite d'une pure présence.

Et dans cette direction, son premier pas, non encore sexuel, est la caresse. C'est sa nature unie et pourrait-on dire étalée qui fait de l'ombre un bonheur. Roland Barthes, Sur Racine. La caresse veut se rendre présent le caressé non à la manière du toucher pratique ou scientifique, par une adjonction de parties les unes aux autres, mais par une saisie si intense et si diffuse de peu de parties, voire d'une seule, que les autres y résonnent.

Elle maintient la discrimination tactile, sans quoi elle se perdrait, mais elle s'attache à ouvrir le distinct et le relatif en un continu sans limite. Elle peut ainsi tout à la fois saisir la partie de façon stable et, liant, nouant, dénouant - glissant à la torpeur - l'universaliser, faire qu'elle devienne le tout du caressé, et que le caressé devienne tout.

La rangera-t-on dans l'art, puisqu'en art aussi l'ensemble se manifeste en chaque fragment? Mais, dans le tableau et la sonate, c'est la référence lucide qui assure la présence du tout dans le détail. Au contraire, la caresse s'enlise dans la mèche, la fossette. Quand elle palpe un organisme, il lui apparaît moins comme structure diversifiée que dans son pouvoir d'être ici et là le même. Elle fait du détail le tout. En si bonne voie, le tact montre des vertus nouvelles.

Il sait être englobant et englobé, prenant et pris, et lorsque la nourrice glisse son bras sous le bras de l'enfant qu'elle apaise, la main qui alternativement parcourt, contourne et se niche, tantôt extérieure, tantôt intérieure, ne distingue pas les organes, mais les saisit en coulée. D'où la faveur des régions où l'on s'immisce: D'où aussi l'attirance vers les étreintes plus larges, qui accroissent l'emmêlement et la torpeur bienfaitrice.

Quand la saisie gagne le corps entier, l'objet stimule, en sus des membres explorateurs, les portions inertes, et comme celles-ci, quoique moins innervées, sont plus répandues, les zones actives cessant d'être au centre de la sensation deviennent franges de passivité, passivées à leur tour. Mais le tact est encore le plus rythmique de nos sens, et il offre à la langueur le va-et-vient de temps forts et de temps faibles, de pressions et de détentes, qui la prennent dans juste assez de répétitions et de variations pour la faire jouir du sommeil sans y tomber.

Aussi, quand le caressé est un être animé, fondu dans la même ambiance diffuse que le caressant, tous deux participent, en sus de l'échange tactile, à une caresse englobante, à une caresse mère, cependant que chacun, s'exhalant dans l'autre et l'inspirant, reçoit et restitue comme un toucher de l'intérieur des corps. Il n'y a pas de caresse un peu prolongée sans régulations respiratoires, ou mieux - car l'athlète et le travailleur en pratiquent déjà - sans complaisance au souffle.

C'est pourquoi ce toucher culmine dans le baiser qui monte aux lèvres. Aussi raffinées mais plus fluides que la main, actives dans l'effleurement, passives dans l'ouverture, les lèvres, qui offrent le sujet dans l'intime de sa muqueuse, éprouvent l'air émané des narines et connaissent le rythme également archaïque de la succion.

En plus du tact, la caresse trouve alors d'autres alliés dans le sens thermique, qui recueille la chaleur rayonnant de l'objet et le porte unifié vers nous, - en nous, - et dans l'odorat, qui achève cette continuité d'échange en nous portant vers lui, en lui.

L'odeur, l'odeur tiède, attire au secret des substances, dit Nogué. Va-t-elle alors faire éclater la langueur dans la tentation du futur, la projeter dans la distance de la vue et de l'ouïe? L'odorat réalise le paradoxe baudelairien d'une ouverture privée.

Perception de l'infiniment loin dans le tout près, tendance dans une inspiration, desserrement qui ne cesse d'être intime, c'est pour la caresse un des complices les plus adroits et les plus secrets. Reste à apprivoiser nos sens supérieurs, qui sont serviteurs moins dociles. Il faut qu'en cette coulée l'ouïe se fascine sur ce qu'il y a de plus tactile, thermique, olfactif dans les bruits, et, si un langage s'élève, qu'elle l'entende indistinct, diminutif, phatique [2] , cependant que la vue se compose également un babil, la pénombre, où glissent les formes en inattention.

Mais domptés de la sorte, le visuel et l'auditif, riches en mémoire, achèvent de fluidifier le distinct et le séparé en les dilatant dans l'imaginaire.

Alors, si le caressé est lui-même chair, et chair humaine, - molle, tiède, granuleuse, odorante, - voici attentivement, passionnément saisie une réalité physique, avec sa configuration, sa consistance, son grain, sa chaleur, ses parfums, mais qui comporte en chacun de ces détails un affleurement de subjectivité. Inversement, voici appréhendée une subjectivité, mais tout entière descendue, immergée, distribuée et pourtant rassemblée dans le plus singulier d'une configuration, d'une consistance, d'un grain, d'une chaleur, d'un parfum.

Loin de l'abstraction du sujet pur qu'est le corps dans la vie quotidienne , loin de l'abstraction de l'objet pur qu'est le corps visité par le dermatologue , voilà le caressé intégralement concret, présence. Ce qui suppose justement qu'il soit chair, puisque seule la conscience incarnée, universelle et séductible, peut ainsi se piéger en un point. Et c'est en même temps ses membres à lui que le caressant éprouve maintenant en une unité diffuse tantôt ici tantôt là.

Cessant d'être le simple accès au monde qu'est le corps qui perçoit et construit, ou l'élan d'approbation au monde qu'est le corps enthousiaste, sa chair ne se vit point pur sujet; elle ne présente pas davantage l'opacité, la raideur dans la saisie, l'emprise étrangère au-dedans qui font glisser le corps fatigué ou douloureux du côté de l'objet. Elle prend pour elle-même un poids, qui n'est pas un obstacle, mais une liberté d'un autre ordre: Ni seulement soi, ni devant soi, elle assiste et consent à soi étant soi.

Le sentiment de perdre pied, de chavirer… Georges Bataille, L'érotisme. Ce chapitre fut ouvert avec l'idée de définir le tact sexuel. Or tout ce que nous avons dit de la caresse n'a rien de spécifiquement sexuel; jusqu'ici l'amant n'est pas distinct de la nourrice.

Car la nuance n'est pas facile à saisir. Qui décidera à quel moment la câlinerie vire à la séduction? Quand le dorlotement succombe à la langueur? Toutes ces démarches n'exploitent-elles pas les mêmes ressources du tact et de nos autres sens? Sans doute, et c'est pourquoi nous nous sommes attardés à la caresse en général. Mais les intentions divergent. Chez la nourrice, il y a de l'abandon et le tact a renoncé à ses fins exploratrices ou constructrices, mais la présence reste orientée vers autre chose qu'elle-même.

Si marginalement que ce soit, elle poursuit un but: On voudrait affirmer alors que le contact se sexualise en devenant sa propre fin, lorsqu'il se complaît en soi, à soi attentif. Mais ce n'est pas assez dire, car il advient que s'établisse, entre des êtres parfaitement familiers, un contact dépourvu de but sans passage au sexuel. Pour un moment, on s'arrête dans la simple présence, sans histoire.

Or tel est bien le mot: Du moins, un devenir saisi comme tel. La caresse y accède lorsqu'elle est entraînée par son propre mouvement; lorsque sa complaisance à soi la tire activement et passivement vers une complaisance plus grande, avec un consentement plus empressé. Toute caresse cherche la coulée; elle se sexualise en accélérant sa chute, en épousant ses détours et ses retours pour y trouver de nouveaux enroulements, de nouvelles pesanteurs.

La voici emportée par son rythme, sa montée, sa descente, sa pulsation, la montée de sa pulsation; la voici vertigineuse, ratifiant incessamment son vertige. Alors que la caresse simple n'est pas consommatrice, la caresse sexuelle ira, sauf accident, jusqu'à l'épuisement nerveux de l'orgasme, celui du sujet et, si possible, de l'objet.

Sans détruire comme la manducation, elle consomme, catabolique. Elle aussi n'arrive point là sans autre aide. Elle altère le souffle qui, sitôt qu'elle intervient, privilégie une expiration fricative, quelque peu tremblée, saccadée, confinant au gémissement. L'amant contrarie le dormeur, qui d'habitude expire plus vite qu'il n'inspire. Il vit une coulée favorisée, une descente intensifiée, et s'il cesse d'analyser et de construire, ce n'est pas qu'il s'endort, mais par une sorte d'excès d'attention vertigineuse [3].

Somme toute, caresse et souffle sexuels sont les deux faces d'une même intention rythmique. Cette respiration constrictive est la caresse dans son entraînement le plus intime; et cette caresse, à mesure qu'elle s'entraîne, est prise en charge par la tension de la poitrine et de l'abdomen.

En même temps s'accélère et s'amplifie la pulsation cardiaque, autre rythme où la vie se bat sa présence, tandis que la chaleur apportée par la vaso-dilatation en surface tend, sinon à dépasser l'individualité du corps, du moins à estomper ses limites. La torpeur rend la proximité forte et vague, obsédante et diffuse. L'odorat mue à son tour. Simple ouverture dans la caresse ordinaire, il se souvient maintenant de son passé animal, où l'odeur fugitive le tenait en haleine, suscitant la poursuite.

Il s'éveille même à de nouveaux objets. Si, avec Nogué [4] , l'on accepte de diviser les odeurs en respiratoires, nutritives, sexuelles, et si parmi ces dernières on distingue les odeurs florales, ambrosiaques, capryliques, les florales conviennent à la caresse en général, tandis que les ambrosiaques, en poignant, les capryliques, en repoussant et contraignant à l'effort pour les surmonter, accentuent le vertige.

A ce point, on attendrait l'entrée d'un acteur resté dans l'ombre: Ainsi compris, le goût semble accomplir au mieux cette intention: Il paraît donc servir d'autant mieux la caresse sexuelle qu'on a voulu voir dans le coït la forme polie d'un cannibalisme qui en serait la visée profonde: Mais la description de Bossuet est forcée par le désir de justifier l'eucharistie, et là où on la retrouve, car de nombreux auteurs lui font écho [7] , elle semble une évocation lyrique ou un reliquat infantile ne soulignant qu'un côté des choses.

En réalité, le goût complet, avec la déglutition, ne fait pas partie du coït normal, même comme visée. Nous avons vu les autres sens aider le tact à dépasser sa juxtaposition des parties et son face à face de l'objet et du sujet, mais sans détruire les termes en présence.

Or la gustation est la sensation où nous faisons l'expérience la plus primitive du corps propre, mais en abolissant l'objet ingéré. Son égoïsme ne réussirait qu'à faire échouer l'immédiat et le total poursuivis par le tact sexuel, comme il se voit dans les régressions où elle prédomine [8]. Ainsi n'intervient-elle normalement que d'une manière allusive dans le mordillement, la succion, le lèchement, l'échange salivaire, qui en sont les prodromes, encore proversifs; la morsure ne secourt l'orgasme féminin que s'il n'est pas résolutoire.

Le goût entier, qui déglutit, ne réalise ni ne figure le paroxysme inavoué du coït, car les paroxysmes sexuels sont des équilibres. Nous en avons eu une première preuve, tout au long de ce chapitre, dans le savant dosage des emprunts à l'arsenal des qualités sensibles.

Cependant, l'intention coïtale n'exploite pas les seuls sensibles généraux. Cette sensation que je regarderai volontiers comme une épilepsie passagère… Diderot, Sur les femmes. Sans doute l'être humain possède-t-il de multiples zones érogènes réparties sur le corps, et celles-ci sont plus actives et plus nombreuses chez la femme que chez l'homme.

Sans doute aussi la sensation génitale évolue, surtout chez la femme, qui, de plus clitoridienne au début de l'initiation, devient, à mesure qu'elle s'épanouit, plus vaginienne, voire utéro-annexielle [9].

Il reste que les régions sont érogènes dans la mesure où elles stimulent ou orchestrent la sensation génitale, et que celle-ci est assez unifiée, même chez la femme, pour qu'on puisse parler d'un tact génital, aux caractères singuliers. Bergson déjà avait relevé son indigence. Et en effet, il a en propre de ne transporter presque aucune information.

La sensation génitale n'est pas discriminatrice: Si on voulait à tout prix qu'elle connaisse des différences, par exemple du lisse au rugueux, - mais il s'agit encore d'un événement tactile, et qui ne lui appartient pas en propre, - ce serait à l'état de traces emportées dans sa diffusion. Et c'est en réalité sa vertu. Confuse, diffusive, non informationnelle, la sensation génitale subjugue; et lorsqu'elle se répand dans l'organisme, elle recouvre de son indistinction les autres, renforçant la compénétration visée par la caresse.

Dès qu'elle entre en jeu, tout semble comme ses prolongements, comme des médiations qui commentent, élargissent, soulignent son immédiation. Indistincte et présente, elle contribue à vider le sujet de lui-même sans l'anéantir.

Sa situation favorise cette tâche, puisqu'elle a lieu au centre exact du corps, et dans un de nos rares organes de surface à ne pas se présenter par paire; le héros de Montherlant qui souhaite cent membres virils fait un contresens sexuel. Parmi cette zone abdominale, elle choisit la portion la plus aliénante, une ouverture; cette ouverture est une muqueuse, c'est-à-dire un affleurement de l'intime de l'organisme.

Et comme si de la sorte le sujet n'était pas encore assez tendu à l'extrême bord de lui-même, cet orifice termine des tissus érectiles. Qu'on ne songe pas tant à l'érection pénienne et clitoridienne, cette dernière étant peu marquée, qu'à la levée de toute la zone génitale, laquelle se vérifie également chez la femme et chez l'homme.

Cette érection au sens large est en rigueur le mouvement génital. La motricité pelvienne exprime déjà la proversion de l'organisme, du moins si l'on admet avec Nogué que, l'axe haut-bas étant celui de l'indépendance, l'axe gauche-droite celui du choix, l'axe arrière-avant est celui du désir [11]. Mais le mouvement pelvien peut poursuivre une conquête; il échoue alors, comme l'éprouvent, dans la frénésie du choc, les personnages du Château.

Les vraies motricité et sensation génitales se portent aussi loin que possible sans cesser d'être intérieures. Telle est l'érection, expansion immanente ou, si l'on ose dire, transcendance immanente. L'activité pelvienne ne la provoque pas mais la prolonge, y trouvant son moment central et son modèle. Du reste, l'érection s'accompagne d'écoulements qui confirment cette intimité jusque dans le passage: Car, au contraire des émissions qui tournent l'organisme vers l'extérieur le jet urinaire du garçon semble à Simone de Beauvoir une expérience de transcendance , les profusions génitales, plus exsudées que jaillies, ne passent pas du sujet au monde.

Elles s'éprouvent comme le sujet même se répandant, comme ses propres organes liquéfiés. Wilhelm Reich parlait de sensation fondante. Cependant, ici encore, l'essentiel réside dans la structure rythmique. Revenons un moment à la bibition. Si le buveur, quand il avale, annule son plaisir pour en jouir, il le sauve en s'élançant vers une autre succion; à tel point que l'assoiffé se projette sans cesse en avant, que le temps moteur pour lui n'est bientôt plus la déglutition mais cette projection même.

Or le tact génital a une structure semblable. Contrairement au va-et-vient de la caresse, voire de la caresse sexuelle, où les temps faibles et les temps forts demeurent de simples accents, il connaît une annulation après l'élan où ce qui est senti et ce qui est désiré se renvoient sans cesse l'un à l'autre, bien plus, où le désir prend le temps fort, tandis que la sensation devient satisfaction transitoire et éveil de désir, en quelque sorte sensation de désir [12].

Ainsi, l'érection génitale s'accompagne d'une sensation à son tour érectile, projetée et tirant à sa suite, par sa position centrale, tout l'organisme. Du coup, bien autrement que dans la caresse simple ou sexuelle, la conscience devient présente en chacune des parties de sa chair, intentionnellement et mécaniquement orientées vers une seule que toutes désignent et miment, et qui tire chaque fois davantage l'organisme au-delà.

Mais, dans la mesure où le désir naît du senti, ce rythme, en même temps qu'il projette, retient; il ne va de l'avant qu'en rentrant dans le corps dont il procède. C'est toujours la même intention, pour la transcendance, de ne pas échapper à une immanence dont elle désigne seulement un pôle extrême encore intime. De ce premier trait du rythme génital en découle un second: Le jeu des réflexes y pourvoit déjà, mais restons au plan du senti.

On a pu dire que tout rythme vécu s'engendrait et s'alimentait de lui-même: Or le rythme génital est mieux encore autonome. Enfermé dans la pression et le coulissage les plus élémentaires, il connaît une grande économie motrice; et son branle n'est pas seulement rappelé en écho, comme dans la réaction de Baldwin, son réflexe est désir, en sorte, disions-nous, que c'est moins la sensation qui y naît du mouvement que le mouvement de la sensation. Les manuels d'érotique savent que celle-ci est d'autant plus profonde qu'elle se cherche moins, qu'elle demeure sans urgence, dans la fidélité au senti, en un mot, que le rythme y est plus vrai, plus originel, c'est-à-dire plus entretenu de soi.

En tout cas, l'autonomie rythmique, en démobilisant la volonté, contribue à décentrer le sujet, à le porter vers une altérité qui le prend en charge, vers des rythmes qu'on peut dire viscéraux, archaïques, cosmiques.

Mais le sujet ne s'y perd jamais en un autre qui le relayerait, comme dans le mysticisme. Si involontaire qu'elle soit, la rythmisation génitale demeure éprouvée dans le corps et dans la conscience incarnée; elle s'opère dans le cycle du mouvement, de la sensation et du désir.

Tous ces caractères viennent culminer dans l'orgasme. Par leur va-et-vient, la sensation et la motricité génitales cherchent une synchronisation des neurones, dont le tonus sans cesse augmenté finit par monter vers un climax, avant de craquer en spasmes, en trous d'énergie.

On peut considérer l'orgasme comme le sommet de ce mouvement, en y comprenant la dernière ascension de la phase tonique et la première descente de la phase clonique. Ces deux moments participent du sommet, le premier parce que le tonus y devient assez élevé pour que le désir ne doute plus d'atteindre sa libération, le second parce que l'énergie déployée dans le clonus est encore assez considérable pour ne pas percevoir son épuisement. Il est vain de se demander si l'orgasme est l'instant le plus voluptueux de l'acte sexuel; il en est en tout cas le temps central, le plus accompli, le plus complet.

Avant lui il y a montée, après lui descente. En lui seul le désir est déjà libération, la libération reste encore désir. Pour le reste, on y retrouve la pauvreté de l'information, qui y confine à l'inconscience [14]. Centralité, viscéralité, érectilité s'y font despotiques. Les profusions y redoublent et cèdent même la place, chez l'homme, à l'éjaculation du sperme, forme suprême de la projection de l'organisme. Surtout, la compénétration rythmique de la sensation par le désir et du désir par la sensation devient si étroite que le sujet ne se montre plus libre d'y mettre un frein.

On peut en effet qualifier d'extase un état où le sujet se sent projeté à l'extrême limite de soi tout en restant soi. Mais on comprend plus rigoureusement sous ce terme que le sujet se décentre au point de se perdre en un autre ou d'exister par un autre: Or, en ce dernier sens, l'orgasme n'est pas plus extatique que la caresse génitale. Il reste tactile, avec les qualités de distinction qui s'attachent au tact; il demeure rythmique, avec l'alternance d'abandon et de reprise propre au rythme.

On s'en assure mal dans l'épreuve même, à cause de sa rapidité et de sa presque inconscience, mais on le vérifie par ses déboires. Si l'homme est trop maîtrisé, s'il insiste exagérément sur la rétention indispensable à la tension sexuelle, il souffre d'éjaculation retardée, mais s'il est trop abandonné, il échoue dans l'éjaculation précoce.

On trouve chez la femme des correspondants de ces deux échecs. En d'autres mots, si passif qu'il finisse par être, l'orgasme reste une synthèse de passivité et d'activité [15] , à la fois transcendant et immanent, élan jusqu'au dernier bord de soi, mais en soi. Ainsi, d'un bout à l'autre de sa carrière, la caresse sexuelle, puis génitale, ne se déroule pas de manière simplement proversive.

Son va-et-vient l'accomplit dans un équilibre fragile, aventureux, de détente et de tension, où le physiologiste souligne le jeu serré du réflexe et du feed-back; où le psychologue observe l'aisance à se mouvoir sur les frontières de la conscience et de l'inconscience, de la maîtrise et de l'abandon; où le phénoménologue retrouve le projet de l'immédiat et du total possédés.

En somme, caresse et orgasme sont deux moments ou deux intensités d'une seule expérience. Ils se distinguent trop dans le temps pour se confondre, comme la dernière montée et la première descente orgastiques; mais ils se ressemblent assez pour que la caresse, qui laissée à elle-même serait molle, s'enrichisse de l'intensité vertigineuse de l'orgasme qu'elle mime et anticipe; pour que l'orgasme, qui isolé serait fugace, réalise d'avance dans la caresse, sur un mode plus conscient, varié et temporellement élargi, le mouvement qu'il sera, souvent trop extrême et rapide pour être vraiment perçu, quand il aura lieu.

A l'encontre du sens un peu trop alimentaire du goût que l'on ne peut ni ralentir ni retenir, et qui n'est pas réversible, et qui dépend si goulûment de la plénitude d'une poche, la peau est un admirable organe étendu, mince et subtil, et le seul qui puisse, pour ainsi dire, jouir de son organe jumeau: Le regard seul a cet immédiat dans la réponse Jusqu'ici, pour simplifier les choses, nous avons considéré le tact sexuel comme unilatéral, allant d'un sujet vers un objet, quitte à y reconnaître la plus étroite immédiation.

En réalité, c'est un tact réciproque. Il faut bien dire que dans le coït quelqu'un touche, en étant touché, un autre qui est touché par lui en le touchant. Cette caresse jumelle confirme assurément l'intention coïtale. Chacun trouve l'autre déjà rassemblé, rassemblant, et l'alternance des stimulations et des réponses noue un rythme plus serré, les temps faibles de l'un étant comblés par les temps forts de l'autre. Et le sommeil est mieux approché et mieux évité dans cette séduction mutuelle, jamais achevée.

Mais la réciprocité comble surtout une faille. D'habitude, le sujet qui perçoit ouvre devant lui un champ auquel il s'expose; même dans l'embrassement, quand il étreint un objet insensible, il maintient cette ouverture en face, ce froid qu'illustre René pressant les arbres de Combourg; de cette manière, la totalisation cherchée par la caresse ne peut aboutir.

Mais si le senti est lui-même sentant, s'il poursuit en sens inverse l'immédiat du tact, le système se referme. Plus de devant extérieur, mais, par la rencontre, des sujets protégés de partout. Car l'organisme est fait de telle sorte que c'est en face que nous nous éprouvons ouverts; notre sensibilité se dirige d'arrière en avant à partir de la face dorsale, en deçà de laquelle commence une sorte de zéro d'être et de sensation.

Ainsi, dans la saturation frontale obtenue par le coït, le champ perceptif se clôt, sphère sensible sans dehors, orientée vers son centre et le réchauffant: Selon les peuples, des degrés se distingueront dans cette fermeture, puisque le coït dorsal n'a pas sur ce point les ressources du coït affronté; mais partout s'obtient une réponse dans la zone génitale, laquelle, récapitulant les organismes, assure au couple une centrale et intense conclusion. Mais ici la sensation adverse se communique au mieux: Le cercle clos, s'opère alors l'immédiation à autrui comme à soi.

Une conscience seule n'a aucun moyen de s'être immédiatement présente; sa proximité, sa naïveté, son évidence se perdent dès qu'elle s'envisage.

Mais j'échappe à la distance et à l'évanescence du miroir si mon abandon, suscitant l'abandon d'un autre, m'est révélé et rendu dans le sien. Telle est la spontanéité où chacun n'a plus à quêter sa vérité et sa consistance, garanties dans l'acquiescement, toujours concret et vérace [16] , du désir de l'autre.

Telle est la communauté où, chacun se tenant d'un partenaire qui se tient de lui, il n'y a plus des êtres ayant une relation mais une relation engendrant des êtres. Telle est la plénitude, toutes brèches colmatées, où la projection, au lieu d'une perte vers le dehors, devient, réciproquée, une extase interne, une extase de concentration, de recueillement, totale dans sa suffisance, infinie dans son élan.

Telle est aussi l'extrême aventure, car cette double innocence s'éveille sans cesse suspendue à la séduction hasardeuse de deux libertés. Dans cette constitution réciproque, il ne s'agit plus seulement du rythme alterné, des chants amébées de la caresse visant à conjuguer l'alternance avec la continuité.

Nous touchons à la dialectique où se fabrique, serait-ce transitoirement, de l'être neuf: La fermeture du tact réciproque explique l'isolement du coït, qui se retrouve chez tous les peuples. Il n'y a guère que la sexualité orgiaque où la promiscuité ait été recherchée; encore se tempérait-elle souvent de l'obscurité de la nuit, du lieu souterrain ou ombragé du culte; sinon, même dans les tribus où l'émoi sexuel, à la façon de certaines espèces animales, requiert une excitation collective, habituellement dansée [17] , les couples s'égaillent bientôt dans la solitude.

Ces motifs ont leur poids selon les sociétés et les individus. Mais la réciprocité tactile reste au fondement. Par son intention d'établir un circuit fermé arrêtant toute sensation proversive de moi vers autrui par celle réversive d'autrui vers moi, elle exclut la présence de témoins désengagés.

Au plus tolère-t-elle un tiers coadjuteur dans certaines postures du tantrisme indien probablement théoriques , ou complice tactile chez Sade ou dans tel conte de La Fontaine, voire complice visuel dans quelques performances de Casanova.

Mais, mises à part ces originalités relevant du rituel, de la perversion, de la fantaisie littéraire ou de la gageure, elle réalise le mieux sa visée dans le seul à seule, sans distraction d'aucun tiers. Les considérations de tabou, de culpabilité, de pudeur viennent en sus. Le tact réciproque trouve sans doute sa réalisation la plus forte dans ce qu'on pourrait appeler le chiasme des sensations génitales.

La sensation glandaire de l'homme a lieu dans la profondeur du corps féminin, au-delà de la sensation clitoridienne-vulvaire, et celle de la femme, malgré sa répercussion ondulatoire en profondeur, trouve son départ et en quelque sorte son point d'application au clitoris, au-delà de la sensation glandaire de l'homme. Jointe à la concordance temporelle du rythme, elle marque le dernier resserrement du couple.

C'est curieux, se dit-elle, que pour moi il soit un visage avant tout, et que je veuille être un corps pour lui. André Pieyre de Mandiargues, Le Lys de mer. Depuis les grottes préhistoriques il y a une mythologie du masculin et du féminin [18]. Non seulement nous nous sommes entendus pour reconnaître à l'homme et à la femme certains caractères opposés, mais nous avons voulu y voir l'expression de phénomènes plus larges, intéressant l'univers, manifestant sa structure primordiale.

Ainsi a-t-on assimilé le masculin à l'été, au sec, au lumineux, au solaire, à l'aérien, à l'actif; le féminin à l'hiver, à l'humide, au nocturne, au lunaire, au terrien, au passif [19]. Ces spéculations, en germe dans l'hermaphrodisme des statues africaines et polynésiennes ou dans la symbolique indienne du lingam-yoni, ont sans doute trouvé leur forme la plus achevée dans les conceptions chinoises du yang masculin et du yin féminin, rendant compte de la formation des cinq éléments, des points cardinaux, de la terre et du ciel, de la montagne et de la vallée, des espèces végétales et animales, des rapports sociaux.

Agrandi de ces perspectives, le coït, en croisant l'homme et la femme, serait le lieu d'un événement cosmique privilégié. Il rassemblerait les principes d'être. La vérité est moins simple. Si toutes les cultures présentent pareils jeux d'oppositions, les couples d'opposés varient. En allemand, le soleil est féminin, la lune masculine.

Or pour notre propos, qui est de dégager une essence, il importe de déterminer en quoi contrastent les comportements sexuels de l'homme et de la femme, mais en faisant abstraction des particularités de culture.

On ne saurait procéder par induction; un trait de comportement peut manquer ou être présent chez un ou plusieurs peuples, voire chez tous, à cause d'une inversion, c'est-à-dire d'un choix précisément contradictoire. Par ailleurs, il serait gratuit de postuler, à la manière de Simmel [22] , une sorte d'essence métaphysique, en tout cas de détermination psychologique formelle des sexes; comment fonder ces couples de contraires, sinon par une vue de l'esprit?

Et nous n'aurions pas plus de chance en invoquant seulement des structures anatomiques et physiologiques; la phénoménologie nous a prévenus que les traits bruts ne sont pas un destin; le sujet les assume en des sens opposés; la petitesse de taille engendre l'humilité ou l'orgueil.

Portons en compte, comme y insiste le structuralisme, que l'homme est un animal classificateur, qu'il tend à souligner les différences, surtout quand leur confrontation permet de réaliser à l'échelle sociale l'être humain complet que chacun ne peut accomplir à part soi. Or certains traits physiques qui distinguent les hommes et les femmes répondent bien à ces conditions. Je ne pouvais trouver entre ce corps et le mien que des ressemblances.

Marguerite Duras, Hiroshima mon amour. Rappelons brièvement les faits. Le garçon dispose d'une innervation plus développée des articulations, ce qui, joint à sa puissance musculaire, lui donne la faculté de déplacements larges et nets, la fille excellant dans les déplacements réduits et subtils. Ensuite, le corps féminin est plus fluctuant que le masculin: Il y a aussi un sens à dire que l'homme a une constitution d'attaque, mobilisant rapidement mais pour un temps assez court des énergies surtout motrices se répandant au-dehors, tandis que la femme a une constitution de réserve, mobilisant plus lentement des énergies à long terme et se limitant au corps lui-même, comme il se voit dans la grossesse.

Quant à l'orgasme féminin, il est moins abrupt, plus étalé dans le temps, comme les zones érogènes féminines le sont dans l'espace. Mais surtout, alors que l'orgasme masculin, en raison de la rigidité pénienne, reste relié au système musculo-squelettique, soutenant l'éveil de la conscience, l'orgasme féminin pleinement abouti, c'est-à-dire utéro-annexiel, suppose dans sa dernière séquence la relaxation complète des muscles de la vie de relation [26] ; c'est pourquoi la femme vit cette phase, sinon dans l'inconscience, du moins dans une conscience si peu discriminatrice que les renseignements que nous possédons à ce propos nous viennent des partenaires masculins.

Mettons ensemble ces caractères. On conclura sans doute que, chacun à leur façon, ils invitent davantage la femme à un dynamisme adaptatif, au recueillement sur son propre corps, à des rapports fluides avec le milieu, privilégiant les images viscérales, les attitudes de laisser-être, de continuité, d'épreuve de soi comme d'un sujet-objet, et même comme d'un sujet encore nature, tandis que le garçon est stimulé au dynamisme expansif, au faire, au décollement, à la discontinuité, à l'attitude d'un sujet à distance des choses et devant le monde, aux images posturales.

L'idée d'une similitude qu'une différence rend plus sensible… Georges Bataille, L'érotisme. Mais ces originalités physiologiques, malgré leur importunée, n'ont sans doute pas, sur la distinction des sexes, jetant d'influence que les facteurs anatomiques.

Quoique statiques, ceux-ci sont plus apparents; ils se prêtent mieux à la comparaison visuelle, la plus nette; ils demeurent dans l'imagination et fournissent matière aux arts et à la littérature. Il faut s'attendre à ce qu'ils soient particulièrement éloquents chez l'être humain, s'il est vrai qu'un animal exhibe un corps d'autant plus expressif que son index de céphalisation est plus élevé [27]. A ce propos, Buytendijk a soutenu que la femme avait une apparence plus symétrique, ce qui lui ferait exprimer l'acceptation, le recueillement: Le corps féminin ferait preuve également de plus de juvénilité, c'est-à-dire de disponibilité aux possibles, s'alliant bien avec la prédominance de la symétrie [28].

Mais ces traits sont enclins à varier selon les cultures. Tout en reconnaissant qu'ils éclairent la femme occidentale et s'accordent assez avec les structures féminines essentielles pour être presque constants, nous ne les compterons pas parmi les caractères premiers sur lesquels nous voulons prendre appui. Par contre, il est bien fondamental que la femme ait un corps plus offert, plus proposé que celui de l'homme: Tandis que le corps masculin devient significatif dans la mesure où il annonce ou rappelle des actions, celui de la femme se suffit assez comme présence ou comme paysage.

Et plus offert, il s'ouvre davantage. Sans doute la matrice n'est pas le simple terrain de croissance que voulait Aristote, et l'ovule est aussi actif que le spermatozoïde, mais la femme demeure sexuellement réceptrice et se vit - est vécue - comme le lieu d'un devenir; son corps s'offre mieux en accueil, refuge, repos, pour l'enfant et l'amant.

Somme toute, il y a deux modes de l'ouverture. Celle de l'homme, proversive, brisée [30] , se préparant à disposer des objets autour de soi en un monde, dans l'activité du travail ou du jeu expansif. Celle de la femme, recueillante, intussusceptrice, consentant à déclore la forme pour la nourrir, pour enrichir son immanence.

La posture coïtale féminine des membres inférieurs est le mode ultime de cette brisure d'enveloppement, de cette rupture et proposition de soi pour accueillir en soi. L'anatomie consonne donc à la physiologie lorsqu'elle invite la femme à se vivre, plus que l'homme, en sujet-objet pour les autres mais aussi pour soi-même, à se percevoir comme le lieu d'un laisser-être dans le contact, la continuité, le recueillement sur le devenir Intime, viscéral.

Néanmoins nous omettons ainsi le contraste anatomique essentiel: C'est un phénomène remarquable, fortement souligné chez l'être humain du fait de la station debout, de la centralité de l'appareil génital, de l'accentuation pubienne du système pileux, qui signale le sexe immédiatement après le visage.

Des Vénus préhistoriques au Zeus de Sounion, la statuaire a commenté cette façon dont notre corps se focalise diversement vers le triangle génital et désigne un être bipolaire.

Il y a là une expérience plastique et affective complexe dont nous allons devoir sérier les aspects. La haute vague courbe et lisse à gorge peinte de naja. Le pénis tirant à lui les gonades est un organe distinct. Par son ressaut, il sépare nettement la zone génitale masculine, le germen, du reste du corps, le soma, mais aussi de la région anale. Cette séparation ne peut que favoriser chez le garçon une saisie discriminée et posturale du corps propre et, à travers lui, de l'environnement objectivé.

Elle réussit d'autant mieux que le pénis est l'organe sexuel unique du mâle, centre constant de son développement libidinal depuis la phase phallique, comme l'a vu Freud, de sorte que, quelles que soient les mutations de l'objet et du comportement érotiques, les expériences viennent s'organiser autour de cet axe communiquant sa permanence et son unicité à la personne entière. Le cas de la fille est plus complexe. Non seulement son clitoris se dissimule, mais sa zone génitale a plusieurs pôles: D'autre part, l'excitabilité féminine dépasse, plus que celle de l'homme, la zone génitale.

Le vagin est peu distant du rectum, si bien que ses sensations rayonnent dans l'ensemble de la primitive région cloacale, selon l'enseignement traditionnel de la psychanalyse; et la matrice réagit à la stimulation des seins, comme il se voit, après les accouchements, dans ses contractions et sa réduction accélérée sous l'effet du téter.

Or cette multiplicité des zones érogènes ne peut que favoriser les sentiments de continuité, d'immanence, de viscéralité déjà reconnus. Le coït radicalise ces caractères, conduisant la distinction et la discontinuité péniennes jusqu'à la concentration punctiforme de l'éjaculation, l'indistinction et la continuité vulvaires jusqu'à la relaxation quasi complète de la musculature de relation.

Les sexes se poussent ainsi à leur extrême divergence, mais en même temps, par le tact réciproque, s'agrandissent et s'équilibrent de leur complément.

L'homme trouve à s'immerger dans la paix et la richesse du continu; la femme accède au solide et au distinct: Ce double mouvement rendrait compte d'une conduite fréquemment observée: La femme ouvre l'homme à la continuité de l'être, des êtres, des femmes dans la femme. Il l'arrête, la fixe, en lui portant la détermination. Néanmoins, il ne faudrait pas oublier que la participation de chacun à l'autre suppose quelque ambiguïté des rôles. La discontinuité masculine se fluidifie dans la caresse, dans l'abandon au rythme vrai, voire dans le caractère profusif de l'éjaculation elle-même.

Tandis que la femme, à mesure que l'acte se déroule, favorise en soi une mise en forme génitale à la fois structurelle et motrice. Sa racine plonge dans la femme, sa tête la surplombe. Dedans et au-dessus, englué et détaché. Jacques de Bourbon Busset, La Nature est un talisman. La sensation glandaire a lieu en avant de l'enveloppe générale du corps propre, en autrui tout en restant en soi ; et cette transcendance se renforce du fait que la posture des membres inférieurs n'est pas brisée chez l'homme par sa partenaire; la délimitation d'un soi intact jusque dans la région viscérale accuse le vis-à-vis, en même temps que la projection vers lui.

Ainsi, malgré le chiasme des sensations génitales, l'émotion masculine s'oriente davantage à partir de soi dans l'autre, la féminine à partir de l'autre en soi. En généralisant, on dirait que, dans le coït, l'homme va à l'en-face qu'est la nature, cette nature qu'il poursuit dans la culture, dont il a été le moteur, tandis que la femme, plus proche de la nature au principe, accueille le choc du décollement, initiateur de toute histoire, collective ou personnelle.

II me semblait rapetisser à mesure qu'il grandissait se nourrissant de moi devenant moi ou plutôt moi devenant lui… Claude Simon, La Route des Flandres. Le pénis est aussi pour le jeune garçon un organe actif et passif, commandé et s'érigeant spontanément, faisant partie de son corps et s'en détachant, à la fois lui et un autre, lui sous forme d'un autre [32].

D'autre part, grâce à cette présence, le garçon forme à lui seul une sorte de cosmos, sujet et objet, ce qui favorise une manière confiante d'aborder les réalités extérieures sans s'y perdre. Il est invité à cette attitude qu'on nomme d'ordinaire l'objectivité, et d'où procède le monde technique, scientifique, économique, politique.

Par l'absence de pénis, la fille n'a pas un autre soi-même avec soi. Elle forme moins un système fermé, sujet et objet, et son rapport aux réalités ambiantes est moins aisément la saisie objective, organisatrice et fabricatrice. D'où aussi son rapport à elle-même, car il ne suffit pas de due qu'elle est narcissique; le garçon l'est également.

Mais cet autre intime et en réduction qu'est le pénis favorise la saisie de l'individu dans un double mi-imaginé, mi-mondain soutenant la distance intérieure et la projection de soi parmi les choses du monde; tandis que la fille est invitée, par l'absence en soi d'un autre réduit et intime, à porter plus d'attention à la présence immédiate et globale de son corps.

Ses seules images qui n'engagent pas autrui sont, dans nos cultures, extérieures, comme le substitut génital des fleurs Hubert Benoit ou du sac à main Françoise Dolto , et plus généralement extérieures et entières, celles du miroir et de la poupée. Ainsi la présence féminine à soi s'opère moins dans un autre elle en elle que dans une proximité à soi sans distance intérieure.

Ils sont tous enragés pour entrer là d'où ils sont sortis. Des conséquences semblables découlent de l'incluant et de l'inclus. Dans le coït, l'homme est inclus quant à la zone génitale, - centrale, mais limitée, déléguée, - tout en demeurant assez libre pour être incluant quant au reste du corps. Inversement, la femme est incluante quant à la zone génitale et à l'évasement des membres inférieurs, incluse quant au reste du corps; en d'autres termes, la fonction du pénis d'être inclus est assumée chez elle par le corps complet, la zone génitale exceptée.

Nous retrouvons donc par un autre biais l'opposition des narcissismes: D'autre part, l'inclus et l'incluant se disposent de la façon la plus nette quand le premier est au centre et le second à la périphérie. L'inclus est alors nodalement protégé, l'incluant cosmiquement totalisateur, tandis que les deux zones s'articulent et se distinguent.

Tel est bien le cas chez l'homme, pour qui l'inclusion passive du centre est ressaisie par l'inclusion active de la périphérie. Mais chez la femme, l'incluant étant central et l'inclus du corps-pénis périphérique, ils se délimitent moins. Observons encore la hiérarchie des désirs. Le désir d'être englobant, limite, paroi du monde, serait, quoique également impérieux, second et selon l'être et selon le temps.

Or le pénis étant la seule zone franchement érogène de l'homme, la sensation génitale atteint chez lui son paroxysme dans l'être-inclus, senti comme point de départ. Bref, ses inclusions passive et active suivraient l'ordre spontané du rapport du vivant au monde, ce qui, joint à leur distinction, favoriserait à nouveau l'abord des choses. Chez la femme l'être incluant apparaît au foyer, si bien que les désirs inverseraient leur ordre et tendraient à fusionner; ce qui nous reconduit à une appréhension plus globale, privilégiant le sujet-objet, le laisser-être, la continuité, le contact avec la nature, la viscéralité.

Il ne faudrait pas voir dans la diffusion féminine une carence. Au contraire, organisée à partir de l'axe du pénis, la femme en rayonne avec une puissance qui déborde l'homme. Parce que chez lui l'incluant est périphérique, le mâle clôt; l'incluant étant central chez la femme, par le reste de son être elle surabonde, fluide, en une expansion qu'il revient à l'homme de rassembler dans son étreinte.

Quant à la précession temporelle, si le féminin ne remonte pas à l'archétype de la naissance, il se réclame d'une origine plus lointaine, de l'archétype de la génération, de la Terre-Mère engendrant, principe, incluante avant d'être incluse.

L'incluant n'est pas seulement le lieu de l'inclus, ni même son accueil, il en accouche et l'enfante. Dans le coït la femme se vit plus ancienne que son partenaire.

Et ce qui fait son bonheur, c'est que l'ouverture, qui dans l'accouchement la sépare et dans la masturbation la perd, dans l'orgasme partagé la resserre en même temps sur la présence pénienne.

Le langage populaire de nos pays comme aussi celui de la psychanalyse ont accrédité l'idée que la femme est sexuellement passive. Le mot prête à contresens. Certainement inexact s'il donne à entendre qu'elle n'aurait pas de motricité sexuelle, comme le souhaitait Montaigne, il trompe encore quand il veut dire que la motricité féminine est consécutive, qu'elle épouse un rythme prescrit par un meneur de jeu: Il demeure que l'activité féminine prend moins la forme d'un membre, qui brise, déplace ou propulse, que d'un milieu, doué de mise en branle mais surtout d'amplification, et qui n'est mû avec force que si l'on a trouvé ses fréquences critiques.

Meneur de jeu, l'homme réussit profondément quand, au lieu d'inventer et d'imposer un rythme, il découvre en l'autre une longueur d'onde qu'il épouse; et dans les cultures où il incombe à la femme de s'affairer, ce sont également des résonances qu'elle poursuit en soi. Il est aussi redoutable de considérer l'homme comme sexuellement actif. Le pénis pénètre, opère, mais il demeure réceptif en tant qu'il éprouve, est objet d'excitation; sans cette ambiguïté [35] , il en viendrait à un travail et sortirait de l'intention sexuelle.

Du reste, dans les deux sexes, la cellule rythmique de la sensation génitale combine l'élan, actif, et la réception, passive. On parlera donc au plus d'une quasi-instrumentalité pénienne. Mais celle-ci suffit à favoriser, chez un être capable de projet, son intérêt pour la transformation et l'objectivation du monde en général, tandis que l'état de quasi-milieu, propre à la femme, incline aux options inverses. Le pénis, déjà presque instrument, se donne pour un poignard chez Pieyre de Mandiargues; peut-être le bras sanglant du guerrier le symbolise-t-il chez Racine [36] ; à en croire De Ghelderode ou Sade, le bourreau et la victime fourniraient le modèle du couple érotique [37].

Hélène Deutsch semble apporter à ce thème littéraire son autorité de psychanalyste en attribuant, après Freud, une composante sadique à la sexualité masculine, masochiste à la féminine [38]. Cependant, si dans les sociétés patriarcales et militaristes dont nous sortons à peine , la brutalité a fait le prestige des soudards et la crainte effarouchée celui des coquettes, il en va autrement ailleurs: Quant à invoquer une agressivité commune aux deux sexes en vertu des fantasmes de transpercement pénien et de cannibalisme vaginien dont surabondent les légendes, c'est réduire l'intention sexuelle à une de ses phases de développement.

Et, en effet, il y a entre la cruauté et le coït un lien étroit, dont un pathétique exemple est fourni par tous ceux qui restent incapables d'aimer sans faire souffrir, comme les sadiques, sans se faire souffrir, comme les masochistes, et cette liaison ne tient pas seulement à une concomitance fortuite, - à ce que la libido anale se manifeste en même temps que les premières réussites du plaisir musculaire de préhension et de destruction, - elle est intrinsèque: Mais on renverserait plutôt le rapport.

Ce n'est pas l'agressivité qui est la vérité du coït, mais le coït qui est la vérité de l'agressivité. Tout en étant dans la même ligne que lui les assauts de Tancrède et de Clorinde ont l'élan de leurs caresses , elle demeure plus fruste, plus élémentaire, plus extérieure, elle suppose moins d'équilibre des contraires.

Surtout, elle est habitée de contradictions que l'accouplement, dans la mesure où il mûrit, ne connaît plus. Ne poursuit-elle pas l'identité par la consommation, l'immédiat par le choc, le total par la contracture?

Si bien que la sexualité adulte est l'aboutissement dialectique de l'agressivité, ce en quoi elle se surmonte quand elle a vaincu ses contradictions internes, et non l'inverse.

Cependant, on ne saurait congédier, sans plus, l'idée d'une agression pénienne. Si nettement que la personne dépasse les violences infantiles, si variés que soient les rôles selon les cultures, si grandes les initiatives féminines dans l'incitation au coït ou dans son déroulement, il reste sans doute, dans le moment de l'intromission et surtout de l'éjaculation, cette agressivité au sens étymologique d' ad-gredi , qui veut que l'homme aille à la femme, tandis qu'elle ne va pas à l'homme, mais revient à soi à travers son mouvement à lui.


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