Changer de sexe le sexe Kérala

02-02-2018

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Les cookies assurent le bon fonctionnement de Babelio. Accueil Mes livres Ajouter des livres. Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures connexion avec. Autobiographie d'une travailleuse du sexe infos Critiques 1 Citations 0 Forum. Ajouter à mes livres. En choisissant de faire le récit sans détours de ce qui a, par la force des choses, constitué pour elle une expérience professionnelle comme une autre, Nalini Jameela, qui revendique haut et fort son statut de "travailleuse du sexe" et récuse l'emploi du terme "prostitution", a pris le risque de briser un tabou encore extrêmement puissant en Inde.

Plaidant pour que la dignité soit enfin rendue aux huit mille femmes qui, dans l'Etat du Kerala, se livrent à cette acti Acheter ce livre sur.

Critiques, Analyses et Avis 1 Ajouter une critique. Signaler ce contenu Voir la page de la critique. Le début de ce récit a les défauts propres à ce type d'autobiographie: Nalini y apparaît ballotée par les évènements de sa vie pauvre et dure. Les discriminations à la naissance ne sont pas uniformes et montrent depuis longtemps de nettes disparités socio-géographiques.

Elles sont par exemple assez faibles dans certains territoires comme le Kerala, où le sex-ratio est proche de la normale: Cet État connaît en effet une tradition matriarcale spécifique les terres et les biens sont transmis de mère en fille qui donne aux femmes une position sociale plus affirmée qu'ailleurs.

Le Kerala affiche également le niveau le plus élevé d'éducation des filles en Inde. Cette politique a des racines assez anciennes: En revanche, les États du Nord-Ouest de l'Inde affichent les sex-ratios les plus défavorables. Celui du Punjab est de femmes pour 1 hommes, sa capitale Chandigarh ne comptant même que femmes pour 1 hommes.

Le territoire de New Delhi compte femmes pour 1 hommes, le Haryana , l'Uttar Pradesh , le Gujarat et le Rajasthan Dans cet ensemble, surnommé la " foeticide belt " , plusieurs éléments expliquent une préférence de longue date pour les garçons: Déjà, en , le Punjab affichait un sex-ratio très bas pour 1 , qui laissait deviner de fréquents infanticides et une mortalité infantile des filles élevée.

Carte du sex-ratio des enfants ans en Les moyens de combattre ces pratiques sont limités. Le gouvernement central et la plupart des États indiens ont mis en place des campagnes de sensibilisation, ainsi que des incitations financières visant à encourager la naissance de filles. Mais elles n'ont eu qu'un faible impact. Elles ont surtout aidé des familles démunies à scolariser les filles [6] , mais elles sont passées à côté de leur cible essentielle, la classe moyenne, pour laquelle les sommes en jeu [7] ne sont pas suffisamment motivantes.

Cette différence numérique entre hommes et femmes a d'ailleurs déjà des conséquences, la première étant de perturber le marché du mariage. Plusieurs millions d'hommes subiront probablement un célibat forcé dans les décennies à venir et déjà, certains critères matrimoniaux connaissent des changements: Dans certains États Punjab, Haryana, Maharashtra Sur le long terme, une hausse de la demande de prostitution est également à craindre, tandis que des observations de terrain suggèrent une corrélation, cependant mal établie, entre le célibat de nombreux hommes et un niveau élevé de violences sexuelles.

La faible position sociale des filles dans le milieu familial a toujours été un frein à leur scolarisation. Les éduquer est traditionnellement considéré comme une dépense inutile, puisqu'elles partent vivre dans une autre famille en se mariant. Ce préjugé s'ajoute à d'autres facteurs qui entravent l'entrée des filles à l'école, comme les inégalités sociales les deux tiers des fillettes non scolarisées proviennent de communautés défavorisées: Les mêmes raisons expliquent que leur parcours scolaire demeure plus bref que celui des garçons.

Au sein de la population totale, le pourcentage de femmes alphabétisées reste donc inférieur à celui des hommes: Toutefois, les différences hommes-femmes en matière d'alphabétisation se sont considérablement réduites depuis l'Indépendance et l'inscription des filles a régulièrement progressé, notamment grâce à des incitations publiques: Leur scolarisation représente un enjeu primordial pour ce pays émergent, car on connaît la corrélation entre leur niveau d'éducation et la maîtrise de la fécondité, ainsi que l'amélioration de la santé des enfants et la hausse des revenus familiaux [9].

Une réduction des inégalités de genre dans l'accès à l'éducation et aux soins est donc aujourd'hui indispensable à l'Inde si elle veut rattraper son retard dans le domaine socio-sanitaire Drèze et Sen, Mais au-delà des différences filles-garçons, le grand défi du pays est aussi d'améliorer le niveau général de l'enseignement, qui reste médiocre [10] et inadapté à la taille de la population d'âge scolaire Manier, Avec quelque millions d'actives, au moins à temps partiel [11] , le taux d'activité professionnelle des femmes indiennes reste relativement faible: Pour une part, ce recul est dû au nombre accru de jeunes femmes poursuivant leurs études, ce qui a pour effet de retarder leur entrée dans la vie active.

Mais il repose aussi sur la résistance d'une partie de la société indienne à leur indépendance professionnelle. Un bon nombre d'épouses de la classe moyenne cessent ainsi de travailler, à la fois en raison de l'accès de leur famille à l'aisance, mais aussi d'un certain conservatisme qui les incite à rester au foyer une fois devenues mères.

Leurs domaines d'emplois sont révélateurs de la structure de l'économie indienne, en grande partie composée d'un vaste secteur informel. En dépit de deux décennies de croissance élevée, les Indiennes ont relativement peu profité de l'essor économique, ce qui contribue à maintenir un niveau élevé d'inégalités entre elles et les hommes: L'Inde a donné aux femmes quelques rôles politiques de premier plan.

Indira Gandhi a été Premier ministre de à puis de à Sa belle-fille, Sonia Gandhi , préside depuis le Parti du Congrès, qui a mené le pays à l'indépendance en et a exercé le pouvoir à plusieurs reprises, notamment de à Cette présence relative des femmes en politique n'a en tout cas pas entraîné d'amélioration globale de leur sort à la base de la société.

La force des pratiques sociales traditionnelles reste un frein puissant à leur émancipation, et elle explique en partie le faible respect des lois censées les aider. Pourtant, les jeunes femmes urbaines et diplômées constituent depuis peu une exception dans ce tableau général. Elles étudient en nombre égal avec les garçons à l'université et une partie d'entre elles a fait son entrée dans les pans les plus dynamiques de l'économie, comme par exemple les compagnies aériennes [14] , ou les services technologiques et financiers aux entreprises business process outsourcing, BPO.

La nouvelle économie indienne se révèle donc être une chance pour les jeunes diplômées indiennes. Celles-ci participent aussi, avec les hommes, à l'essor de nouvelles habitudes urbaines: De même, au sein de cette jeunesse urbaine, les relations hors-mariage et l'union libre ont commencé à faire leur apparition, et les critères traditionnels du mariage se sont assouplis, avec davantage de liberté dans le choix du conjoint.

Ce parcours d'autonomisation ne touche pour le moment qu'une petite minorité d'Indiennes, mais il constitue un facteur décisif d'évolution, car en donnant une visibilité plus grande à l'indépendance des jeunes actives, il modifie les représentations culturelles. Mais cette libéralisation des modes de vie, qui bouscule la culture patriarcale dominante, constitue aussi un point de friction avec les fractions les plus conservatrices de la société indienne, notamment les groupes fondamentalistes hindous, qui tolèrent mal cette nouvelle indépendance [15].

L'affrontement entre deux cultures, à propos de la liberté des femmes, s'est particulièrement manifesté lors de la révolte urbaine qui a suivi le viol collectif d'une étudiante de New Delhi, le 16 décembre [16]. L'agression de la jeune femme a catalysé la colère d'une génération, désireuse de vivre sa modernité en sortant le soir mais dont la récente liberté reste hantée par la violence envers les femmes.

Elle a provoqué des manifestations dans 52 villes et suscité des débats dans les médias, les collèges, les universités et les familles. Ce mouvement a marqué une étape, libérant la parole des jeunes urbaines et les faisant entrer dans une nouvelle ère d'affirmation de soi. Depuis, la sécurité des femmes dans l'espace public fait régulièrement l'objet de tribunes dans les médias et sur internet, de manifestes revendicatifs, de flash mobs dans le métro et les trains [17] , et d'expositions artistiques [18].

Le harcèlement des femmes dans les transports publics est aussi de plus en plus souvent filmé sur le vif grâce aux smartphones et diffusé sur les réseaux sociaux et les médias pour être dénoncé. En novembre , la vidéo de deux jeunes femmes se défendant contre une agression dans un bus de l'Haryana est ainsi devenue virale [19].

Dans l'enceinte de l'université de Jadavpur, à Calcutta, une affiche incite les femmes victimes de harcèlement au travail à porter plainte. Si cet éveil féministe est réel, il doit cependant être relativisé. Limité à une élite urbaine, il ne fait pas pour le moment évoluer la condition des femmes rurales et il ne réduit pas le niveau général des violences.

De nombreuses actives se plaignent ainsi de harcèlement sexuel au travail [20] et d'insécurité dans l'espace public, surtout à New Delhi. Et si la modernité des jeunes urbaines continue de s'affirmer, elle se heurte encore à des normes sociales patriarcales, entretenues notamment par un monde politique majoritairement masculin et peu enclin à comprendre la jeunesse [21].

Attouchements dans les transports, violences conjugales, enlèvements et viols, crimes d'honneur souvent liés à des unions désapprouvées par la famille , violences liées à la dot: Les agressions sexuelles constituent un autre fléau persistant de la société indienne. Le viol est le crime qui a augmenté le plus vite ces dernières décennies: Un cas est aujourd'hui signalé toutes les 22 minutes dans le pays 24 plaintes en , mais ce chiffre sous-estime fortement la réalité.

Cette année-là, quelque cas de viols étaient encore en attente de procédure dans le circuit judiciaire indien et près de 15 en attente d'une enquête policière, selon le NCRB. New Delhi détient le record national des viols, avec un nombre de plaintes en augmentation constante en , en , en , et 1 sur les huit premiers mois de Après les manifestations de décembre , le gouvernement a aggravé les sanctions contre le viol qui peuvent aller jusqu'à la peine de mort dans certains cas et instauré des tribunaux aux procédures accélérées fast track courts.

Mais l'instruction n'y est, là non plus, pas aussi rapide qu'espéré. En dépit des évolutions rapides que connaît actuellement l'Inde, l'amélioration de la situation socio-économique des femmes devrait donc demeurer un processus de long terme.

Et le rythme de cette évolution devrait essentiellement dépendre de quatre facteurs. Le premier serait la mise en place de sanctions drastiques contre un secteur médical privé qui tire profit de la sélection prénatale. Les résultats obtenus par la Corée du Sud dans ce domaine montrent qu'un tel volontarisme est possible. Toutefois, le contexte sociopolitique indien rend assez improbable une mobilisation similaire. Le deuxième serait l'adoption de politiques très volontaristes de soutien aux filles, et notamment d'appui à leur parcours éducatif.

Cet effort d' empowement par l'éducation leur permettrait d'occuper une place plus affirmée dans la sphère familiale, et à terme dans la société, et notamment sur le marché du travail. Le troisième facteur d'évolution, tout aussi décisif, sera le comportement de la classe moyenne. Cette catégorie est celle qui élimine le plus les filles avant la naissance, mais elle est également le moteur du changement social en cours ,car elle fait émerger dans les villes une jeune génération féminine éduquée, financièrement autonome et aux modes de vie progressistes.

Cette classe moyenne urbaine est donc être la clé d'une évolution vers moins de conservatisme et vers une position sociale plus affirmée des femmes. Déjà, on observe que de plus en plus de jeunes ménages urbains élèvent leurs enfants dans un esprit d'égalité. Mais cette évolution qui s'amorce, et qui mettra du temps à gagner les zones rurales, permettra-t-elle à terme d'affaiblir les valeurs qui sous-tendent la dot?

Et d'infléchir la préférence pour les naissances masculines? L'exceptionnelle jeunesse de la population constitue un élément complémentaire: Cette importance numérique des jeunes, inédite dans l'histoire de l'Inde, pourrait fortement contribuer au changement social, car cette jeunesse fait évoluer les modes de vie vers des normes plus "mondialisées".

Dans une Inde en transition, les prochaines décennies devraient dire si la dynamique de changement en cours améliorera progressivement le statut socio-économique des femmes et si cette amélioration pourrait, à terme, avoir une traduction démographique.

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Sur le long terme, une hausse de la demande de prostitution est également à craindre, tandis que des observations de terrain suggèrent une corrélation, cependant mal établie, entre le célibat de nombreux hommes et un niveau élevé de violences sexuelles. La faible position sociale des filles dans le milieu familial a toujours été un frein à leur scolarisation.

Les éduquer est traditionnellement considéré comme une dépense inutile, puisqu'elles partent vivre dans une autre famille en se mariant. Ce préjugé s'ajoute à d'autres facteurs qui entravent l'entrée des filles à l'école, comme les inégalités sociales les deux tiers des fillettes non scolarisées proviennent de communautés défavorisées: Les mêmes raisons expliquent que leur parcours scolaire demeure plus bref que celui des garçons. Au sein de la population totale, le pourcentage de femmes alphabétisées reste donc inférieur à celui des hommes: Toutefois, les différences hommes-femmes en matière d'alphabétisation se sont considérablement réduites depuis l'Indépendance et l'inscription des filles a régulièrement progressé, notamment grâce à des incitations publiques: Leur scolarisation représente un enjeu primordial pour ce pays émergent, car on connaît la corrélation entre leur niveau d'éducation et la maîtrise de la fécondité, ainsi que l'amélioration de la santé des enfants et la hausse des revenus familiaux [9].

Une réduction des inégalités de genre dans l'accès à l'éducation et aux soins est donc aujourd'hui indispensable à l'Inde si elle veut rattraper son retard dans le domaine socio-sanitaire Drèze et Sen, Mais au-delà des différences filles-garçons, le grand défi du pays est aussi d'améliorer le niveau général de l'enseignement, qui reste médiocre [10] et inadapté à la taille de la population d'âge scolaire Manier, Avec quelque millions d'actives, au moins à temps partiel [11] , le taux d'activité professionnelle des femmes indiennes reste relativement faible: Pour une part, ce recul est dû au nombre accru de jeunes femmes poursuivant leurs études, ce qui a pour effet de retarder leur entrée dans la vie active.

Mais il repose aussi sur la résistance d'une partie de la société indienne à leur indépendance professionnelle. Un bon nombre d'épouses de la classe moyenne cessent ainsi de travailler, à la fois en raison de l'accès de leur famille à l'aisance, mais aussi d'un certain conservatisme qui les incite à rester au foyer une fois devenues mères. Leurs domaines d'emplois sont révélateurs de la structure de l'économie indienne, en grande partie composée d'un vaste secteur informel.

En dépit de deux décennies de croissance élevée, les Indiennes ont relativement peu profité de l'essor économique, ce qui contribue à maintenir un niveau élevé d'inégalités entre elles et les hommes: L'Inde a donné aux femmes quelques rôles politiques de premier plan. Indira Gandhi a été Premier ministre de à puis de à Sa belle-fille, Sonia Gandhi , préside depuis le Parti du Congrès, qui a mené le pays à l'indépendance en et a exercé le pouvoir à plusieurs reprises, notamment de à Cette présence relative des femmes en politique n'a en tout cas pas entraîné d'amélioration globale de leur sort à la base de la société.

La force des pratiques sociales traditionnelles reste un frein puissant à leur émancipation, et elle explique en partie le faible respect des lois censées les aider. Pourtant, les jeunes femmes urbaines et diplômées constituent depuis peu une exception dans ce tableau général.

Elles étudient en nombre égal avec les garçons à l'université et une partie d'entre elles a fait son entrée dans les pans les plus dynamiques de l'économie, comme par exemple les compagnies aériennes [14] , ou les services technologiques et financiers aux entreprises business process outsourcing, BPO. La nouvelle économie indienne se révèle donc être une chance pour les jeunes diplômées indiennes. Celles-ci participent aussi, avec les hommes, à l'essor de nouvelles habitudes urbaines: De même, au sein de cette jeunesse urbaine, les relations hors-mariage et l'union libre ont commencé à faire leur apparition, et les critères traditionnels du mariage se sont assouplis, avec davantage de liberté dans le choix du conjoint.

Ce parcours d'autonomisation ne touche pour le moment qu'une petite minorité d'Indiennes, mais il constitue un facteur décisif d'évolution, car en donnant une visibilité plus grande à l'indépendance des jeunes actives, il modifie les représentations culturelles. Mais cette libéralisation des modes de vie, qui bouscule la culture patriarcale dominante, constitue aussi un point de friction avec les fractions les plus conservatrices de la société indienne, notamment les groupes fondamentalistes hindous, qui tolèrent mal cette nouvelle indépendance [15].

L'affrontement entre deux cultures, à propos de la liberté des femmes, s'est particulièrement manifesté lors de la révolte urbaine qui a suivi le viol collectif d'une étudiante de New Delhi, le 16 décembre [16].

L'agression de la jeune femme a catalysé la colère d'une génération, désireuse de vivre sa modernité en sortant le soir mais dont la récente liberté reste hantée par la violence envers les femmes. Elle a provoqué des manifestations dans 52 villes et suscité des débats dans les médias, les collèges, les universités et les familles.

Ce mouvement a marqué une étape, libérant la parole des jeunes urbaines et les faisant entrer dans une nouvelle ère d'affirmation de soi.

Depuis, la sécurité des femmes dans l'espace public fait régulièrement l'objet de tribunes dans les médias et sur internet, de manifestes revendicatifs, de flash mobs dans le métro et les trains [17] , et d'expositions artistiques [18]. Le harcèlement des femmes dans les transports publics est aussi de plus en plus souvent filmé sur le vif grâce aux smartphones et diffusé sur les réseaux sociaux et les médias pour être dénoncé.

En novembre , la vidéo de deux jeunes femmes se défendant contre une agression dans un bus de l'Haryana est ainsi devenue virale [19]. Dans l'enceinte de l'université de Jadavpur, à Calcutta, une affiche incite les femmes victimes de harcèlement au travail à porter plainte.

Si cet éveil féministe est réel, il doit cependant être relativisé. Limité à une élite urbaine, il ne fait pas pour le moment évoluer la condition des femmes rurales et il ne réduit pas le niveau général des violences.

De nombreuses actives se plaignent ainsi de harcèlement sexuel au travail [20] et d'insécurité dans l'espace public, surtout à New Delhi. Et si la modernité des jeunes urbaines continue de s'affirmer, elle se heurte encore à des normes sociales patriarcales, entretenues notamment par un monde politique majoritairement masculin et peu enclin à comprendre la jeunesse [21].

Attouchements dans les transports, violences conjugales, enlèvements et viols, crimes d'honneur souvent liés à des unions désapprouvées par la famille , violences liées à la dot: Les agressions sexuelles constituent un autre fléau persistant de la société indienne.

Le viol est le crime qui a augmenté le plus vite ces dernières décennies: Un cas est aujourd'hui signalé toutes les 22 minutes dans le pays 24 plaintes en , mais ce chiffre sous-estime fortement la réalité.

Cette année-là, quelque cas de viols étaient encore en attente de procédure dans le circuit judiciaire indien et près de 15 en attente d'une enquête policière, selon le NCRB. New Delhi détient le record national des viols, avec un nombre de plaintes en augmentation constante en , en , en , et 1 sur les huit premiers mois de Après les manifestations de décembre , le gouvernement a aggravé les sanctions contre le viol qui peuvent aller jusqu'à la peine de mort dans certains cas et instauré des tribunaux aux procédures accélérées fast track courts.

Mais l'instruction n'y est, là non plus, pas aussi rapide qu'espéré. En dépit des évolutions rapides que connaît actuellement l'Inde, l'amélioration de la situation socio-économique des femmes devrait donc demeurer un processus de long terme. Et le rythme de cette évolution devrait essentiellement dépendre de quatre facteurs.

Le premier serait la mise en place de sanctions drastiques contre un secteur médical privé qui tire profit de la sélection prénatale. Les résultats obtenus par la Corée du Sud dans ce domaine montrent qu'un tel volontarisme est possible. Toutefois, le contexte sociopolitique indien rend assez improbable une mobilisation similaire. Le deuxième serait l'adoption de politiques très volontaristes de soutien aux filles, et notamment d'appui à leur parcours éducatif.

Cet effort d' empowement par l'éducation leur permettrait d'occuper une place plus affirmée dans la sphère familiale, et à terme dans la société, et notamment sur le marché du travail. Le troisième facteur d'évolution, tout aussi décisif, sera le comportement de la classe moyenne. Cette catégorie est celle qui élimine le plus les filles avant la naissance, mais elle est également le moteur du changement social en cours ,car elle fait émerger dans les villes une jeune génération féminine éduquée, financièrement autonome et aux modes de vie progressistes.

Cette classe moyenne urbaine est donc être la clé d'une évolution vers moins de conservatisme et vers une position sociale plus affirmée des femmes. Déjà, on observe que de plus en plus de jeunes ménages urbains élèvent leurs enfants dans un esprit d'égalité. Mais cette évolution qui s'amorce, et qui mettra du temps à gagner les zones rurales, permettra-t-elle à terme d'affaiblir les valeurs qui sous-tendent la dot?

Et d'infléchir la préférence pour les naissances masculines? L'exceptionnelle jeunesse de la population constitue un élément complémentaire: Cette importance numérique des jeunes, inédite dans l'histoire de l'Inde, pourrait fortement contribuer au changement social, car cette jeunesse fait évoluer les modes de vie vers des normes plus "mondialisées".

Dans une Inde en transition, les prochaines décennies devraient dire si la dynamique de changement en cours améliorera progressivement le statut socio-économique des femmes et si cette amélioration pourrait, à terme, avoir une traduction démographique.

La masculinisation de la société indienne n'est en effet sans doute pas terminée et il faudra attendre les prochains recensements , , , pour savoir si une stabilisation du sex ratio est envisageable. L'avortement fait l'objet en Inde d'une sous-déclaration chronique et le nombre officiel est dix fois inférieur.

Plusieurs États ont déjà atteint le simple taux de renouvellement de 2,1. Même tendance dans la diaspora indienne aux États-Unis, la plus prospère des communautés étrangères du pays: Proceedings of the National Academy of Sciences, Washington, À ce sujet, voir T. All India School Education Survey, Plusieurs milliers de jeunes urbaines ont riposté en allant ostensiblement dans les bars et en expédiant des milliers de petites culottes roses pink chaddi au leader de ce groupe.

En novembre , des groupes de jeunes ont aussi lancé une série d'embrassades dans la rue Kiss of Love protest dans plusieurs villes, pour protester contre l'ordre moral prôné par d'autres formations fondamentalistes hindoues Shiv Sena, Hanuman Sena, Vishva Hindu Parishad, Bajrang Dal Ils ont violé et torturé Jyoti, battu son ami et les ont laissés pour morts sur un bas-côté.

La brutalité de l'agression, ainsi que l'apathie habituelle de la police face aux viols, ont révulsé des milliers de Delhiites, surtout des étudiant-e-s, qui sont spontanément descendu-e-s dans les rues.

En avril , cent artistes peintres, photographes, plasticiens Durant les manifestations de décembre , plusieurs politiciens conservateurs ont déclaré que pour éviter d'être violées, les femmes n'avaient qu'à rester chez elles.

En novembre , le chef de la police fédérale Ranjit Sinha a déclaré: Les déclarations de ce type ont semblé se multipler depuis l'arrivée au pouvoir du BJP parti nationaliste hindou, conservateur. Des groupes nationalistes hindous ont aussi estimé que porter des jeans était indécent, suggérant une responsabilité des jeunes femmes dans ces agressions. Mathilde Désoyer, Aix-Marseille Université, photographies: Aller à la navigation Outils personnels Se connecter.

Autobiographie d'une travailleuse du sexe infos Critiques 1 Citations 0 Forum. Ajouter à mes livres. En choisissant de faire le récit sans détours de ce qui a, par la force des choses, constitué pour elle une expérience professionnelle comme une autre, Nalini Jameela, qui revendique haut et fort son statut de "travailleuse du sexe" et récuse l'emploi du terme "prostitution", a pris le risque de briser un tabou encore extrêmement puissant en Inde.

Plaidant pour que la dignité soit enfin rendue aux huit mille femmes qui, dans l'Etat du Kerala, se livrent à cette acti Acheter ce livre sur. Critiques, Analyses et Avis 1 Ajouter une critique. Signaler ce contenu Voir la page de la critique. Le début de ce récit a les défauts propres à ce type d'autobiographie: Nalini y apparaît ballotée par les évènements de sa vie pauvre et dure. Mais à partir du moment où elle rejoint une association de défense des droits des travailleuses du sexe du Kerala, le ton change, elle prend prise sur sa vie.

Elle se découvre en effet bonne oratrice, défendant ses positionnements. Elle dénonce le rejet des prostituées par la société, le harcèlement policier, ou encore les hommes qui "continuent de penser que les femmes ne sont pas des êtres humains pouvant avoir les mêmes besoins sexuels qu'eux. Ils pensent toujours qu'elles sont à leur disposition et qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent".



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La dot a pourtant été prohibée dès , parce que l'argent qu'elle nécessite empêche les parents de financer les études de leur fille. Mais cette interdiction reste lettre morte et la dot est aujourd'hui pratiquée dans quasiment toutes les couches de la société. De nombreuses féministes s'insurgent pourtant contre cette coutume, qui fait de la jeune épouse un enjeu monétaire, dont la valeur varie en fonction de certains critères beauté, niveau d'éducation, caste, revenus des parents Elles dénoncent surtout le fait que la dot soit devenue un motif d'extorsion et de meurtre.

Après le mariage, il arrive en effet que des maris exigent encore plus d'argent, et quand les parents de la jeune épouse ne paient pas, celle-ci subit des violences qui se terminent fréquemment en crime, la jeune femme étant arrosée d'essence et brûlée vive par le mari. Chaque année, la police enregistre quelque 8 de ces meurtres dowry deaths , soit un par heure en moyenne.

Mais ces chiffres sous-estiment fortement la réalité, car un grand nombre de crimes sont dissimulés en accidents domestiques. Le taux de condamnation des auteurs de ces crimes est également faible: Durant des siècles, cette dépréciation des filles au sein des familles s'est traduite par leur élimination physique après la naissance, soit par infanticide, soit par négligences volontaires en termes de soins et de nourriture.

Dès leurs premiers recensements, les Britanniques avaient d'ailleurs déjà remarqué un surnombre anormal de garçons, surtout dans le Nord-Ouest de l'Inde, et avaient dû interdire l'infanticide en Celui-ci a cependant largement perduré ensuite. Ce dispensaire de la Mission Ramakrishna au Bengale occidental affiche son respect de l'interdiction de la sélection prénatale des foetus loi de Si l'apport des techniques médicales a permis à l'élimination des filles de changer de nature — elle est passée de postnatale à prénatale —, il lui a aussi certainement permis de changer d'échelle.

Au recensement de , le surnombre des hommes est passé à 37,2 millions [4] , la population indienne affichant un sex-ratio de femmes pour 1 hommes. Celui-ci a connu une baisse constante depuis le début du XXe siècle, à l'exception de deux légers redressements depuis Le sex-ratio des enfants de ans a en revanche encore baissé, passant de filles pour 1 garçons en à pour 1 en , signe révélateur de la poursuite de la sélection des naissances.

Guilmoto, Census of India Les discriminations à la naissance ne sont pas uniformes et montrent depuis longtemps de nettes disparités socio-géographiques. Elles sont par exemple assez faibles dans certains territoires comme le Kerala, où le sex-ratio est proche de la normale: Cet État connaît en effet une tradition matriarcale spécifique les terres et les biens sont transmis de mère en fille qui donne aux femmes une position sociale plus affirmée qu'ailleurs.

Le Kerala affiche également le niveau le plus élevé d'éducation des filles en Inde. Cette politique a des racines assez anciennes: En revanche, les États du Nord-Ouest de l'Inde affichent les sex-ratios les plus défavorables. Celui du Punjab est de femmes pour 1 hommes, sa capitale Chandigarh ne comptant même que femmes pour 1 hommes.

Le territoire de New Delhi compte femmes pour 1 hommes, le Haryana , l'Uttar Pradesh , le Gujarat et le Rajasthan Dans cet ensemble, surnommé la " foeticide belt " , plusieurs éléments expliquent une préférence de longue date pour les garçons: Déjà, en , le Punjab affichait un sex-ratio très bas pour 1 , qui laissait deviner de fréquents infanticides et une mortalité infantile des filles élevée.

Carte du sex-ratio des enfants ans en Les moyens de combattre ces pratiques sont limités. Le gouvernement central et la plupart des États indiens ont mis en place des campagnes de sensibilisation, ainsi que des incitations financières visant à encourager la naissance de filles.

Mais elles n'ont eu qu'un faible impact. Elles ont surtout aidé des familles démunies à scolariser les filles [6] , mais elles sont passées à côté de leur cible essentielle, la classe moyenne, pour laquelle les sommes en jeu [7] ne sont pas suffisamment motivantes. Cette différence numérique entre hommes et femmes a d'ailleurs déjà des conséquences, la première étant de perturber le marché du mariage.

Plusieurs millions d'hommes subiront probablement un célibat forcé dans les décennies à venir et déjà, certains critères matrimoniaux connaissent des changements: Dans certains États Punjab, Haryana, Maharashtra Sur le long terme, une hausse de la demande de prostitution est également à craindre, tandis que des observations de terrain suggèrent une corrélation, cependant mal établie, entre le célibat de nombreux hommes et un niveau élevé de violences sexuelles.

La faible position sociale des filles dans le milieu familial a toujours été un frein à leur scolarisation. Les éduquer est traditionnellement considéré comme une dépense inutile, puisqu'elles partent vivre dans une autre famille en se mariant.

Ce préjugé s'ajoute à d'autres facteurs qui entravent l'entrée des filles à l'école, comme les inégalités sociales les deux tiers des fillettes non scolarisées proviennent de communautés défavorisées: Les mêmes raisons expliquent que leur parcours scolaire demeure plus bref que celui des garçons.

Au sein de la population totale, le pourcentage de femmes alphabétisées reste donc inférieur à celui des hommes: Toutefois, les différences hommes-femmes en matière d'alphabétisation se sont considérablement réduites depuis l'Indépendance et l'inscription des filles a régulièrement progressé, notamment grâce à des incitations publiques: Leur scolarisation représente un enjeu primordial pour ce pays émergent, car on connaît la corrélation entre leur niveau d'éducation et la maîtrise de la fécondité, ainsi que l'amélioration de la santé des enfants et la hausse des revenus familiaux [9].

Une réduction des inégalités de genre dans l'accès à l'éducation et aux soins est donc aujourd'hui indispensable à l'Inde si elle veut rattraper son retard dans le domaine socio-sanitaire Drèze et Sen, Mais au-delà des différences filles-garçons, le grand défi du pays est aussi d'améliorer le niveau général de l'enseignement, qui reste médiocre [10] et inadapté à la taille de la population d'âge scolaire Manier, Avec quelque millions d'actives, au moins à temps partiel [11] , le taux d'activité professionnelle des femmes indiennes reste relativement faible: Pour une part, ce recul est dû au nombre accru de jeunes femmes poursuivant leurs études, ce qui a pour effet de retarder leur entrée dans la vie active.

Mais il repose aussi sur la résistance d'une partie de la société indienne à leur indépendance professionnelle. Un bon nombre d'épouses de la classe moyenne cessent ainsi de travailler, à la fois en raison de l'accès de leur famille à l'aisance, mais aussi d'un certain conservatisme qui les incite à rester au foyer une fois devenues mères. Leurs domaines d'emplois sont révélateurs de la structure de l'économie indienne, en grande partie composée d'un vaste secteur informel.

En dépit de deux décennies de croissance élevée, les Indiennes ont relativement peu profité de l'essor économique, ce qui contribue à maintenir un niveau élevé d'inégalités entre elles et les hommes: L'Inde a donné aux femmes quelques rôles politiques de premier plan.

Indira Gandhi a été Premier ministre de à puis de à Sa belle-fille, Sonia Gandhi , préside depuis le Parti du Congrès, qui a mené le pays à l'indépendance en et a exercé le pouvoir à plusieurs reprises, notamment de à Cette présence relative des femmes en politique n'a en tout cas pas entraîné d'amélioration globale de leur sort à la base de la société. La force des pratiques sociales traditionnelles reste un frein puissant à leur émancipation, et elle explique en partie le faible respect des lois censées les aider.

Pourtant, les jeunes femmes urbaines et diplômées constituent depuis peu une exception dans ce tableau général. Elles étudient en nombre égal avec les garçons à l'université et une partie d'entre elles a fait son entrée dans les pans les plus dynamiques de l'économie, comme par exemple les compagnies aériennes [14] , ou les services technologiques et financiers aux entreprises business process outsourcing, BPO.

La nouvelle économie indienne se révèle donc être une chance pour les jeunes diplômées indiennes. Celles-ci participent aussi, avec les hommes, à l'essor de nouvelles habitudes urbaines: De même, au sein de cette jeunesse urbaine, les relations hors-mariage et l'union libre ont commencé à faire leur apparition, et les critères traditionnels du mariage se sont assouplis, avec davantage de liberté dans le choix du conjoint.

Ce parcours d'autonomisation ne touche pour le moment qu'une petite minorité d'Indiennes, mais il constitue un facteur décisif d'évolution, car en donnant une visibilité plus grande à l'indépendance des jeunes actives, il modifie les représentations culturelles. Mais cette libéralisation des modes de vie, qui bouscule la culture patriarcale dominante, constitue aussi un point de friction avec les fractions les plus conservatrices de la société indienne, notamment les groupes fondamentalistes hindous, qui tolèrent mal cette nouvelle indépendance [15].

L'affrontement entre deux cultures, à propos de la liberté des femmes, s'est particulièrement manifesté lors de la révolte urbaine qui a suivi le viol collectif d'une étudiante de New Delhi, le 16 décembre [16].

L'agression de la jeune femme a catalysé la colère d'une génération, désireuse de vivre sa modernité en sortant le soir mais dont la récente liberté reste hantée par la violence envers les femmes.

Elle a provoqué des manifestations dans 52 villes et suscité des débats dans les médias, les collèges, les universités et les familles. Ce mouvement a marqué une étape, libérant la parole des jeunes urbaines et les faisant entrer dans une nouvelle ère d'affirmation de soi. Depuis, la sécurité des femmes dans l'espace public fait régulièrement l'objet de tribunes dans les médias et sur internet, de manifestes revendicatifs, de flash mobs dans le métro et les trains [17] , et d'expositions artistiques [18].

Le harcèlement des femmes dans les transports publics est aussi de plus en plus souvent filmé sur le vif grâce aux smartphones et diffusé sur les réseaux sociaux et les médias pour être dénoncé. En novembre , la vidéo de deux jeunes femmes se défendant contre une agression dans un bus de l'Haryana est ainsi devenue virale [19].

Dans l'enceinte de l'université de Jadavpur, à Calcutta, une affiche incite les femmes victimes de harcèlement au travail à porter plainte. Si cet éveil féministe est réel, il doit cependant être relativisé. Limité à une élite urbaine, il ne fait pas pour le moment évoluer la condition des femmes rurales et il ne réduit pas le niveau général des violences.

De nombreuses actives se plaignent ainsi de harcèlement sexuel au travail [20] et d'insécurité dans l'espace public, surtout à New Delhi. Et si la modernité des jeunes urbaines continue de s'affirmer, elle se heurte encore à des normes sociales patriarcales, entretenues notamment par un monde politique majoritairement masculin et peu enclin à comprendre la jeunesse [21].

Attouchements dans les transports, violences conjugales, enlèvements et viols, crimes d'honneur souvent liés à des unions désapprouvées par la famille , violences liées à la dot: Les agressions sexuelles constituent un autre fléau persistant de la société indienne. Le viol est le crime qui a augmenté le plus vite ces dernières décennies: Un cas est aujourd'hui signalé toutes les 22 minutes dans le pays 24 plaintes en , mais ce chiffre sous-estime fortement la réalité. Cette année-là, quelque cas de viols étaient encore en attente de procédure dans le circuit judiciaire indien et près de 15 en attente d'une enquête policière, selon le NCRB.

New Delhi détient le record national des viols, avec un nombre de plaintes en augmentation constante en , en , en , et 1 sur les huit premiers mois de Après les manifestations de décembre , le gouvernement a aggravé les sanctions contre le viol qui peuvent aller jusqu'à la peine de mort dans certains cas et instauré des tribunaux aux procédures accélérées fast track courts. Le début de ce récit a les défauts propres à ce type d'autobiographie: Nalini y apparaît ballotée par les évènements de sa vie pauvre et dure.

Mais à partir du moment où elle rejoint une association de défense des droits des travailleuses du sexe du Kerala, le ton change, elle prend prise sur sa vie. Elle se découvre en effet bonne oratrice, défendant ses positionnements. Elle dénonce le rejet des prostituées par la société, le harcèlement policier, ou encore les hommes qui "continuent de penser que les femmes ne sont pas des êtres humains pouvant avoir les mêmes besoins sexuels qu'eux.

Ils pensent toujours qu'elles sont à leur disposition et qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent". Le Livre noir de la prostitu.. La Prostitution Etudiante Eva Clouet. Les Prostitueurs Victor Malarek. Le colis Anosh Irani. La dérobade Jeanne Cordelier.

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Quel est le nom de l'ancienne propriétaire de la maison qu'occupe le couple dans "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal? Les cookies assurent le bon fonctionnement de Babelio.

Accueil Mes livres Ajouter des livres. Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures connexion avec. Autobiographie d'une travailleuse du sexe infos Critiques 1 Citations 0 Forum. Ajouter à mes livres. En choisissant de faire le récit sans détours de ce qui a, par la force des choses, constitué pour elle une expérience professionnelle comme une autre, Nalini Jameela, qui revendique haut et fort son statut de "travailleuse du sexe" et récuse l'emploi du terme "prostitution", a pris le risque de briser un tabou encore extrêmement puissant en Inde.

Plaidant pour que la dignité soit enfin rendue aux huit mille femmes qui, dans l'Etat du Kerala, se livrent à cette acti Acheter ce livre sur. Critiques, Analyses et Avis 1 Ajouter une critique. Signaler ce contenu Voir la page de la critique. Le début de ce récit a les défauts propres à ce type d'autobiographie: Nalini y apparaît ballotée par les évènements de sa vie pauvre et dure.

Les éduquer est traditionnellement considéré comme une dépense inutile, puisqu'elles partent vivre dans une autre famille en se mariant. Ce préjugé s'ajoute à d'autres facteurs qui entravent l'entrée des filles à l'école, comme les inégalités sociales les deux tiers des fillettes non scolarisées proviennent de communautés défavorisées: Les mêmes raisons expliquent que leur parcours scolaire demeure plus bref que celui des garçons.

Au sein de la population totale, le pourcentage de femmes alphabétisées reste donc inférieur à celui des hommes: Toutefois, les différences hommes-femmes en matière d'alphabétisation se sont considérablement réduites depuis l'Indépendance et l'inscription des filles a régulièrement progressé, notamment grâce à des incitations publiques: Leur scolarisation représente un enjeu primordial pour ce pays émergent, car on connaît la corrélation entre leur niveau d'éducation et la maîtrise de la fécondité, ainsi que l'amélioration de la santé des enfants et la hausse des revenus familiaux [9].

Une réduction des inégalités de genre dans l'accès à l'éducation et aux soins est donc aujourd'hui indispensable à l'Inde si elle veut rattraper son retard dans le domaine socio-sanitaire Drèze et Sen, Mais au-delà des différences filles-garçons, le grand défi du pays est aussi d'améliorer le niveau général de l'enseignement, qui reste médiocre [10] et inadapté à la taille de la population d'âge scolaire Manier, Avec quelque millions d'actives, au moins à temps partiel [11] , le taux d'activité professionnelle des femmes indiennes reste relativement faible: Pour une part, ce recul est dû au nombre accru de jeunes femmes poursuivant leurs études, ce qui a pour effet de retarder leur entrée dans la vie active.

Mais il repose aussi sur la résistance d'une partie de la société indienne à leur indépendance professionnelle. Un bon nombre d'épouses de la classe moyenne cessent ainsi de travailler, à la fois en raison de l'accès de leur famille à l'aisance, mais aussi d'un certain conservatisme qui les incite à rester au foyer une fois devenues mères.

Leurs domaines d'emplois sont révélateurs de la structure de l'économie indienne, en grande partie composée d'un vaste secteur informel. En dépit de deux décennies de croissance élevée, les Indiennes ont relativement peu profité de l'essor économique, ce qui contribue à maintenir un niveau élevé d'inégalités entre elles et les hommes: L'Inde a donné aux femmes quelques rôles politiques de premier plan. Indira Gandhi a été Premier ministre de à puis de à Sa belle-fille, Sonia Gandhi , préside depuis le Parti du Congrès, qui a mené le pays à l'indépendance en et a exercé le pouvoir à plusieurs reprises, notamment de à Cette présence relative des femmes en politique n'a en tout cas pas entraîné d'amélioration globale de leur sort à la base de la société.

La force des pratiques sociales traditionnelles reste un frein puissant à leur émancipation, et elle explique en partie le faible respect des lois censées les aider. Pourtant, les jeunes femmes urbaines et diplômées constituent depuis peu une exception dans ce tableau général.

Elles étudient en nombre égal avec les garçons à l'université et une partie d'entre elles a fait son entrée dans les pans les plus dynamiques de l'économie, comme par exemple les compagnies aériennes [14] , ou les services technologiques et financiers aux entreprises business process outsourcing, BPO. La nouvelle économie indienne se révèle donc être une chance pour les jeunes diplômées indiennes.

Celles-ci participent aussi, avec les hommes, à l'essor de nouvelles habitudes urbaines: De même, au sein de cette jeunesse urbaine, les relations hors-mariage et l'union libre ont commencé à faire leur apparition, et les critères traditionnels du mariage se sont assouplis, avec davantage de liberté dans le choix du conjoint.

Ce parcours d'autonomisation ne touche pour le moment qu'une petite minorité d'Indiennes, mais il constitue un facteur décisif d'évolution, car en donnant une visibilité plus grande à l'indépendance des jeunes actives, il modifie les représentations culturelles. Mais cette libéralisation des modes de vie, qui bouscule la culture patriarcale dominante, constitue aussi un point de friction avec les fractions les plus conservatrices de la société indienne, notamment les groupes fondamentalistes hindous, qui tolèrent mal cette nouvelle indépendance [15].

L'affrontement entre deux cultures, à propos de la liberté des femmes, s'est particulièrement manifesté lors de la révolte urbaine qui a suivi le viol collectif d'une étudiante de New Delhi, le 16 décembre [16]. L'agression de la jeune femme a catalysé la colère d'une génération, désireuse de vivre sa modernité en sortant le soir mais dont la récente liberté reste hantée par la violence envers les femmes.

Elle a provoqué des manifestations dans 52 villes et suscité des débats dans les médias, les collèges, les universités et les familles. Ce mouvement a marqué une étape, libérant la parole des jeunes urbaines et les faisant entrer dans une nouvelle ère d'affirmation de soi.

Depuis, la sécurité des femmes dans l'espace public fait régulièrement l'objet de tribunes dans les médias et sur internet, de manifestes revendicatifs, de flash mobs dans le métro et les trains [17] , et d'expositions artistiques [18].

Le harcèlement des femmes dans les transports publics est aussi de plus en plus souvent filmé sur le vif grâce aux smartphones et diffusé sur les réseaux sociaux et les médias pour être dénoncé. En novembre , la vidéo de deux jeunes femmes se défendant contre une agression dans un bus de l'Haryana est ainsi devenue virale [19].

Dans l'enceinte de l'université de Jadavpur, à Calcutta, une affiche incite les femmes victimes de harcèlement au travail à porter plainte. Si cet éveil féministe est réel, il doit cependant être relativisé. Limité à une élite urbaine, il ne fait pas pour le moment évoluer la condition des femmes rurales et il ne réduit pas le niveau général des violences. De nombreuses actives se plaignent ainsi de harcèlement sexuel au travail [20] et d'insécurité dans l'espace public, surtout à New Delhi.

Et si la modernité des jeunes urbaines continue de s'affirmer, elle se heurte encore à des normes sociales patriarcales, entretenues notamment par un monde politique majoritairement masculin et peu enclin à comprendre la jeunesse [21]. Attouchements dans les transports, violences conjugales, enlèvements et viols, crimes d'honneur souvent liés à des unions désapprouvées par la famille , violences liées à la dot: Les agressions sexuelles constituent un autre fléau persistant de la société indienne.

Le viol est le crime qui a augmenté le plus vite ces dernières décennies: Un cas est aujourd'hui signalé toutes les 22 minutes dans le pays 24 plaintes en , mais ce chiffre sous-estime fortement la réalité.

Cette année-là, quelque cas de viols étaient encore en attente de procédure dans le circuit judiciaire indien et près de 15 en attente d'une enquête policière, selon le NCRB. New Delhi détient le record national des viols, avec un nombre de plaintes en augmentation constante en , en , en , et 1 sur les huit premiers mois de Après les manifestations de décembre , le gouvernement a aggravé les sanctions contre le viol qui peuvent aller jusqu'à la peine de mort dans certains cas et instauré des tribunaux aux procédures accélérées fast track courts.

Mais l'instruction n'y est, là non plus, pas aussi rapide qu'espéré. En dépit des évolutions rapides que connaît actuellement l'Inde, l'amélioration de la situation socio-économique des femmes devrait donc demeurer un processus de long terme.

Et le rythme de cette évolution devrait essentiellement dépendre de quatre facteurs. Le premier serait la mise en place de sanctions drastiques contre un secteur médical privé qui tire profit de la sélection prénatale. Les résultats obtenus par la Corée du Sud dans ce domaine montrent qu'un tel volontarisme est possible. Toutefois, le contexte sociopolitique indien rend assez improbable une mobilisation similaire.

Le deuxième serait l'adoption de politiques très volontaristes de soutien aux filles, et notamment d'appui à leur parcours éducatif. Cet effort d' empowement par l'éducation leur permettrait d'occuper une place plus affirmée dans la sphère familiale, et à terme dans la société, et notamment sur le marché du travail. Le troisième facteur d'évolution, tout aussi décisif, sera le comportement de la classe moyenne.

Cette catégorie est celle qui élimine le plus les filles avant la naissance, mais elle est également le moteur du changement social en cours ,car elle fait émerger dans les villes une jeune génération féminine éduquée, financièrement autonome et aux modes de vie progressistes. Cette classe moyenne urbaine est donc être la clé d'une évolution vers moins de conservatisme et vers une position sociale plus affirmée des femmes.

Déjà, on observe que de plus en plus de jeunes ménages urbains élèvent leurs enfants dans un esprit d'égalité. Mais cette évolution qui s'amorce, et qui mettra du temps à gagner les zones rurales, permettra-t-elle à terme d'affaiblir les valeurs qui sous-tendent la dot?

Et d'infléchir la préférence pour les naissances masculines? L'exceptionnelle jeunesse de la population constitue un élément complémentaire: Cette importance numérique des jeunes, inédite dans l'histoire de l'Inde, pourrait fortement contribuer au changement social, car cette jeunesse fait évoluer les modes de vie vers des normes plus "mondialisées". Dans une Inde en transition, les prochaines décennies devraient dire si la dynamique de changement en cours améliorera progressivement le statut socio-économique des femmes et si cette amélioration pourrait, à terme, avoir une traduction démographique.

La masculinisation de la société indienne n'est en effet sans doute pas terminée et il faudra attendre les prochains recensements , , , pour savoir si une stabilisation du sex ratio est envisageable. L'avortement fait l'objet en Inde d'une sous-déclaration chronique et le nombre officiel est dix fois inférieur.

Plusieurs États ont déjà atteint le simple taux de renouvellement de 2,1. Même tendance dans la diaspora indienne aux États-Unis, la plus prospère des communautés étrangères du pays: Proceedings of the National Academy of Sciences, Washington, À ce sujet, voir T.

All India School Education Survey, Plusieurs milliers de jeunes urbaines ont riposté en allant ostensiblement dans les bars et en expédiant des milliers de petites culottes roses pink chaddi au leader de ce groupe. En novembre , des groupes de jeunes ont aussi lancé une série d'embrassades dans la rue Kiss of Love protest dans plusieurs villes, pour protester contre l'ordre moral prôné par d'autres formations fondamentalistes hindoues Shiv Sena, Hanuman Sena, Vishva Hindu Parishad, Bajrang Dal Ils ont violé et torturé Jyoti, battu son ami et les ont laissés pour morts sur un bas-côté.

La brutalité de l'agression, ainsi que l'apathie habituelle de la police face aux viols, ont révulsé des milliers de Delhiites, surtout des étudiant-e-s, qui sont spontanément descendu-e-s dans les rues. En avril , cent artistes peintres, photographes, plasticiens Durant les manifestations de décembre , plusieurs politiciens conservateurs ont déclaré que pour éviter d'être violées, les femmes n'avaient qu'à rester chez elles.

En novembre , le chef de la police fédérale Ranjit Sinha a déclaré: Les déclarations de ce type ont semblé se multipler depuis l'arrivée au pouvoir du BJP parti nationaliste hindou, conservateur. Des groupes nationalistes hindous ont aussi estimé que porter des jeans était indécent, suggérant une responsabilité des jeunes femmes dans ces agressions.

Mathilde Désoyer, Aix-Marseille Université, photographies: Aller à la navigation Outils personnels Se connecter. Chercher par Recherche avancée. Info Les femmes en Inde:

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